Essai Citroën C5 Aircross (2023) – Familles, je vous aime !

Colonie bien lotie

Baudelaire disait dans Les Fleurs du mal que « La Terre est un gâteau plein de douceur ». Sur ce précieux gâteau, le Citroën C5 Aircross serait indéniablement la chantilly. Onctueux à vivre et à conduire, il apporte en sus une touche de fraîcheur et de légèreté dans une catégorie surpeuplée. Pour le restylage de mi-carrière, les chevrons ont clairement fait leur choix : si la recette reste la même, les ingrédients ont bel et bien été revus. Affaire de goût, donc. Et vous, côté gourmandises, vous êtes plutôt croissant ou pain au chocolat ?

Le sens de l’accueil

Vous connaissez certainement cet ami joufflu qui sait se rendre utile en toutes circonstances. Moi oui, et sur la planète automobile, cet ami est sans conteste le C5 Aircross : rondouillard et rassurant, on apprécie passer du temps en sa compagnie. En ce sens, la face avant s’éloigne de toute agressivité et vous met en confiance. Le pare-chocs enfle timidement tandis que les optiques en forme de Y n’ont rien d’un regard dur. A côté de cela, la calandre arbore des barrettes verticales chromées plaquées sur un panneau noir laqué. Original mais compliqué à nettoyer, croyez-moi ! Pour l’arrière, je vous la fais courte : les feux prennent du volume et profitent d’un motif inédit. Des touches de couleur bleu font aussi leur apparition ici et là. Fantaisie ? Non ! Elles sont exclusives à la version hybride rechargeable et signalent le côté électrique (et non éclectique) du véhicule. Quel rapport entre le bleu et l’électricité me direz-vous ? C’est bien simple, je n’en ai aucune idée et je ne le saurai certainement jamais. Ce qui est en revanche sûr, c’est que le monde automobile est un territoire vous invitant à reconsidérer tout ce que vous avez appris et c’est peut-être pour cela que je m’y sens bien… 

« Le C5 Aircross fait partie des derniers SUV compacts à conserver trois sièges arrière individuels. Une rareté à préserver d’urgence ! »

A bord, je ne serai en revanche pas le seul à m’y sentir à l’aise. Hybride par sa motorisation, le C5 Aircross l’est également par sa conception : il rend en effet les services d’un monospace sous la robe seyante d’un SUV. Le résultat est probant : on est assis bien haut et l’on profite d’un beau volume habitable. Les sièges mixant cuir et Alcantara se montrent en sus confortables. Bref, on a envie de tailler la route ! Pour la marmaille, peu de désagréments sont à signaler à l’arrière où l’espace aux jambes est correct tandis que le toit panoramique apporte une belle luminosité. Non, rien d’embêtant. Aussi, sous mon fessier, je remarque un trésor : des sièges individuels coulissants, inclinables et escamotables ! De quoi apporter une modularité délicieuse dont les concurrents en font aujourd’hui litière. Bonne nouvelle, le coffre fait lui aussi partie des plus vastes du segment bien que légèrement amputé par les batteries logées sous le plancher.

Et le reste dans tout cela ? C’est pas mal. Les matériaux utilisés sont corrects mais pas folichons et les assemblages, sérieux. Disons que le jeu du « Le premier qui trouve des plastiques durs gagne » risque de tourner bien court. Niveau connectivité, je reste aussi sur ma faim. L’écran tactile de 10 pouces accuse le poids des ans, doublement trahi par ses graphismes et sa réactivité. Ses fonctions sont en prime limitées. Et le plus comique dans l’histoire, c’est que la version chinoise du véhicule, appelée Tianyi Beyond, reçoit bel et bien l’infodivertissement de dernière génération ! Curieux. En toute logique, le combiné d’instrumentation n’est pas non plus de première fraîcheur. Et pour l’éclairage, antibrouillards et clignotants arrière ne sont pas à LED. Anachronisme ! De toute manière, le C5 Aircross voit cela comme une farce. Sur la question de la famille, le Citroën garde la main haute tandis que les autres sont décidément bouchés à l’émeri en cherchant à tutoyer le premium.

Je veux de la tendresse !

Il faut le dire, les routes du haut plateau du Vercors sont magnifiques, surtout au coucher de Soleil. Les rayons se confondent fréquemment avec la verdure environnante, elle-même bercée au rythme d’une légère brise, créant un cocktail exquis à mes yeux. La route à pan de montagne offre aussi un spectacle remarquable et le mode électrique contribue volontiers à cette ambiance magique. On se met à rouler tranquillement pour optimiser l’autonomie. Cela tombe bien, la circulation y est inexistante en fin de journée. Un conte de fées, vraiment ? Attendez ! Je reviens sur une petite déconvenue survenue pendant la traversée de charmants villages : l’amortissement n’est pas aussi moelleux qu’on veut nous le faire croire. Alors oui, cela reste bien évidemment excellent dans le segment et la douceur est manifeste. Cependant, à basse vitesse, les aspérités les plus saillantes parviennent à faire leur chemin jusque dans l’habitacle. Tatillon ? Oui, sans doute, je le suis. Douillet ? Possible, bien que je sois plus réservé à ce sujet…

 « Avis de tempête ! Sur route, le C5 Aircross navigue en territoire inconnu et cela se sent »

En quittant les hauteurs iséroises, je suppose alors que tout s’arrangera. J’avais vu juste : en conduite soutenue, le C5 Aircross ne fait qu’une bouchée des bosses et limite avec brio les effets de pompage. C’est simple, on ne trouve pas mieux dans le segment ! Par contre, dès que le parcours se met à serpenter, cela se gâte. Le SUV prend du roulis, et pas qu’un peu ! A l’avant, on s’agrippe comme on peut à la barre. A l’arrière, c’est le pandémonium le plus complet. Les quelques objets laissés sur les sièges s’inventent leur propre voyage et cognent d’une portière à l’autre. Aussi, la direction surassistée perturbe la remontée d’informations et le train avant se révèle fainéant à la tâche. C’est dommage car on sent le châssis capable de mieux, notamment sur le talentueux Peugeot 3008. L’amortissement est ici bien trop souple et n’aide pas aux prises d’appui en virages. Pour le bien de tous, il m’est donc apparu plus sage d’élaguer ce chapitre. 

Dans les bonnes eaux tarifaires

Rien n’y fait. Après une semaine passée à son volant, ce sont surtout les faiblesses du C5 Aircross qui me restent en tête. En effet, il n’est pas le plus amusant à conduire, ni le plus cossu, ni le mieux équipé, ni même le plus sexy du lot. La liste est bien fournie mais est-ce autant de mauvais augure pour le verdict final ? Non, car l’auto fait preuve de cohérence ! Le C5 Aircross préfère en effet jouer son va-tout sur la famille et n’essaie pas d’être ce qu’il n’est pas contrairement à bon nombre de concurrents. En plus de cela, son positionnement tarifaire lui est favorable puisqu’à 51 300 €, notre version Shine Pack richement équipée couplée à la mécanique hybride rechargeable de 225 ch reste dans la moyenne basse de la catégorie. Oui, vous l’avez compris, je n’affectionne pas les SUV mais ce C5 Aircross fait preuve d’une franchise rare et capitalise sur des points cruciaux. Et la cohérence, j’aime ça. Rien que pour cela, il mérite un lancer de fleurs.

On aime

  • Evolution esthétique notable
  • Confort certain
  • Modularité rare
  • Prix mesurés

On regrette

  • Conduite rabougrie
  • Infodivertissement obsolète
  • Quelques plastiques grossiers

Verdict : 15,2/20 – Bien

Un grand merci à Citroën pour le prêt du véhicule sans quoi cet essai n’aurait pas été possible.

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