Essai Opel Astra Sports Tourer (2024) – Une déménageuse qui rend service

L’Opel Astra se décline en version break à l’instar de sa cousine la Peugeot 308. Si sa soute peut accueillir plus de bagages, l’auto ne met pas pour autant de côté le plaisir de conduire, quitte à sacrifier certaines prestations familiales comme la berline.

Connaissez-vous le syndrome de la voiture de location ? Ce sont ces automobiles qui n’excèdent dans aucun domaine sans être mauvaises nulle part. Ce sont ces automobiles sans histoires qui vous emmènent simplement d’un point A à un point B. Bref, ces automobiles sont avant tout des voitures. Et c’est peut-être pour cette raison que les loueurs en raffolent. En raffolent de quoi ? Des Opel, voyons ! Imaginez une petite Corsa grise roupillant sur un parking d’Europcar, coincée entre un Captur et une C4 tous deux prêts à décoller pour la semaine. Facile de visualiser la chose. Pourtant, l’Astra Sports Tourer risque de faire vaciller brutalement ces préjugés, à plus forte raison dans cette éclatante teinte Bleu Kobalt.

Sœur de sang avec la Peugeot 308, l’Opel Astra délivre des prestations similaires dans un emballage moins démonstratif. Sa face avant ? Exit la calandre XXL de la française entourée de crocs, la teutonne retient un masque noir intégrant ses feux matriciels à LED. Le refrain est de mise pour le profil où l’Astra jouit de panneaux de carrosserie assez plats quand la 308 multiplie les galbes à l’excès. A bord aussi, l’allemande profite d’un aménagement plus conventionnel puisque le volant est de taille normale tandis que les commandes de ventilation sont physiques. Oui, avec des vrais boutons que l’on peut sentir, toucher et enfoncer… Remarque peut-être idiote mais qui ébranle net toutes les difficultés que l’on peut rencontrer dans la 308. Bref, l’Astra Sports Tourer, c’est du conventionnel, et j’apprécie profondément ce choix. Bon, il faut avouer que la qualité apparaît légèrement en retrait par rapport à la 308 mais cela ne se joue qu’à quelques centimètres carrés de plastiques durs, des détails que le quidam ne remarquera certainement jamais. Ce que lui et moi remarquerons en revanche à coup sûr, c’est le confort notable des sièges, vastes, bien dessinés, ni trop fermes, ni trop durs et qui repoussent sans souci la fatigue sur le long cours. 

Dieu que c’est dur !

Ouille ! Un vilain raccord de pont de l’A6 me fait revenir à la réalité : en bonne allemande, cette Astra Sports Tourer est ferme, trop ferme, inutilement ferme. Il faut dire que cette finition GS typée sport associée aux jantes optionnelles de 18 pouces ne fait clairement pas bon méninge pour les vertèbres. Et encore, à haute vitesse, cette fermeté est plutôt gentille… Ne soyez donc pas surpris le moins du monde en ville, où cette raideur dérange franchement au passage des plaques d’égout et autres dos d’ânes. On dirait qu’ils avaient déjà prévu le coup chez Opel en installant des sièges agréables pour tenter de contrebalancer une dureté excessive. Mission partiellement réussie… d’autant plus que si l’hospitalité est de mise à l’avant, elle ne s’applique plus vraiment aux places arrière car l’espace aux jambes est compté. Là où l’Astra Sports Tourer excelle vraiment, c’est surtout en matière d’insonorisation puisque les bruits aérodynamiques sont superbement contenus sur autoroute, mieux même que sur la 308 qui n’est pourtant pas à plaindre non plus. Cette quiétude pourra être ponctuellement brisée par le moteur thermique, assez sonore en accélération. Cela arrivera d’ailleurs assez souvent si vous êtes amené à rouler loin car l’autonomie électrique est médiocre. C’est simple, malgré le pied léger de votre serviteur, l’allemande ne peut parcourir plus d’une trentaine de kilomètres avant de réveiller son quatre-cylindres. Autre mauvaise nouvelle pour les gros rouleurs : à cause des batteries, la réserve d’essence est bien trop petite pour espérer dépasser les 600 km d’autonomie sur autoroute. Pénible, surtout quand l’on part à l’étranger.

« Bon, au lieu de critiquer la voiture à tout-va, est-ce que tu pourrais nous donner d’autres qualités, monsieur grincheux ? ». Bien sûr, et il suffit simplement de quitter les longs rubans d’autoroute pour les petites départementales. Grâce à sa suspension très autoritaire, l’Astra déroule tout son talent avec un maintien en courbe impeccable servant une excellente tenue de route. Si la direction n’est pas la plus réactive, ni même la plus précise, le plaisir de conduite demeure au beau fixe avec un châssis sain permettant d’aller chercher les limites de la voiture sans se faire peur. Les 180 ch du moteur répondent aussi présent en mode Sport et la boîte enquille assez efficacement les vitesses. Seule la pédale de frein, au ressenti vraiment atroce, vient gâcher la fête. Consolons-nous avec le volume du coffre, pointant à 516 l sur cette version hybride rechargeable. Bien, mais vous ne serez pas surpris d’apprendre que les modèles purement thermiques font mieux, avec 593 l. Dans les deux cas, le seuil de chargement est particulièrement bas et l’ouverture du hayon peut être motorisée, moyennant supplément. Puisqu’on y est, l’équipement de cette Astra Sports Tourer GS convainc, avec la conduite semi-autonome de niveau 2, l’affichage tête haute, les sièges et le volant chauffants, la caméra 360°, etc. Encore heureux vu le prix, qui n’a pas grand-chose d’amical : 49 200 € ! C’est cher, forcément, et c’est sûrement pour cette raison que cette version ne connaîtra pas un grand succès chez les particuliers. Les entreprises pourront en revanche y trouver leur compte grâce à l’hybridation leur permettant d’alléger au mieux leurs taxes. C’est mon petit doigt qui le dit !   

Atouts

  • Tenue de route très saine
  • Insonorisation de qualité
  • Volume de coffre suffisant

Faiblesses

  • Amortissement trop ferme
  • Autonomie limitée
  • Prix élevé

Verdict : 13/20

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